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PDF JEUNES BRETAGNE

La Corse sera-t-elle la première à transmettre l’onde de choc ?

1 Janvier 2017, 19:57pm

Publié par Nicolas Bretagne

La Corse sera-t-elle la première à transmettre l’onde de choc ?

Pourquoi l’observation de la tension intercommunautaire sur l’île de Beauté est importante, voire cruciale pour comprendre l’avenir de notre nation ? Parce que la Corse est un analyseur emblématique de la difficulté du vivre ensemble. Ce qui s’y passe aujourd’hui et ce qui s’y passera demain est l’avant-goût d’une situation susceptible d’embraser, après-demain, le pays tout entier.

Corse Matin, Ajaccio, ce 24 décembre vers 21 heures : « Quelques personnes isolées dans le quartier des Cannes ont insulté les personnels du SMUR venus secourir un malade puis, lors du départ du véhicule, ont jeté quelques pétards. La sortie rapide d’un riverain a clos l’altercation, aucun autre incident n’a été relevé pendant la nuit. » La direction et les équipes SMUR du centre hospitalier d’Ajaccio ont rapidement publié un communiqué pour désamorcer la situation, indiquant qu’elles ne s’associeraient en aucune façon à une exploitation intempestive de l’incident.

Cet acte n’est qu’un banal fait divers qui n’aurait pas dû dépasser une ligne dans la presse régionale. Oui, mais… il y a juste un an, la journée de Noël avait été émaillée de violences, un incendie volontaire allumé pour attirer forces de l’ordre et soldats du feu, et qui avait entraîné l’agression de pompiers dans le quartier sensible des Jardins de l’Empereur. En réponse, une manifestation de soutien aux deux pompiers blessés avait dégénéré et conduit à des déprédations dans une salle de prière musulmane.

Oui, mais… début décembre, deux vols se sont produits dans deux enseignes de sport de la région ajaccienne. Un groupe de Maghrébins – dixit le patron des magasins – déroba 300 euros, s’attaquant au gérant et à sa compagne qui a eu le nez fracturé. L’un des malfaiteurs, âgé de 26 ans, a été présenté devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio pour violences. Un rassemblement de soutien aux deux victimes réunissant plusieurs centaines de personnes a été immédiatement organisé, grâce aux réseaux sociaux, devant le palais de justice d’Ajaccio.

Dans l’histoire de la Corse, les relations avec l’islam ont longtemps été houleuses. Aux 16e, 17e et 18e siècles, ce sont plus de trente mille Corses – hommes, femmes et enfants – qui ont été razziés par les barbaresques musulmans basés en Algérie et au Maroc.

Un souvenir qui reste gravé au cœur de ceux-ci.

D’autant plus qu’ici, la ferveur chrétienne est présente à chaque instant de l’existence. Visible dans chaque ville, village, hameau, elle est le maillon de l’unité corse. Cette dernière est fière de ses racines chrétiennes, face à des minorités islamisées. Car l’immigration a changé la donne. En 2009, elle comptait 9,5 % d’immigrés. En 2011 31,2 % des enfants natifs de l’île avaient au moins un parent né à l’étranger. Les Marocains constituaient le contingent majoritaire de cette population – fait unique parmi les régions françaises.

Si l’on met bout à bout ces données et si l’on introduit les faits identitaires et insulaires, nous obtenons tous les ingrédients caractérisants une situation instable pouvant, à la faveur d’une conjonction, dégénérer en conflit ethnique et religieux.

La mèche est allumée, elle brûle lentement, l’État et les administrations locales font tout pour l’éteindre mais sa composition inflammable persiste. Des mèches de ce type, il y en a plusieurs dizaines sur le continent.

La Corse sera-t-elle la première à transmettre l’onde de choc ? Les occurrences de ces prochaines années, voire de ces prochains mois, le laissent malheureusement présager.

 

J-P Fabre Bernadac

 

Source : http://www.bvoltaire.fr

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