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PDF JEUNES BRETAGNE

Donald Trump démarre très fort

9 Janvier 2017, 22:26pm

Publié par Nicolas Bretagne

Donald Trump démarre très fort

La transition entre l’administration Obama et la future administration Trump ne se fait pas sans tensions. Bien décidé à montrer qu’il est déjà pleinement concentré sur ses futures missions, Donald Trump a multiplié les déclarations chocs, sans manquer d’obtenir quelques résultats qui lui serviront à asseoir sa popularité lors de ses premiers mois d’exercice.
 
Pomme de discorde majeure entre les deux hommes : la politique étrangère. D’abord, la fameuse affaire des « piratages russes » qui auraient pu contribuer à la victoire de Donald Trump. Barack Obama a sanctionné la Russie en expulsant 35 diplomates du territoire national américain, lesquels ont été déclarés persona non grata aux États-Unis. Washington soupçonnait ces hommes d’être des agents du renseignement russe, c’est-à-dire des espions. En outre, deux complexes résidentiels russes situés dans le nord-est des États-Unis ont été fermés et des sanctions économiques et juridiques ont été décidées à l’encontre du GRU (services secrets de l’armée) et du FSB (service fédéral de sécurité, ex-KGB).
 
De son côté, Donald Trump semble émettre des doutes quant à la version défendue par son futur prédécesseur, ne croyant pas à une éventuelle ingérence russe lors de la dernière élection présidentielle. Il a même loué l’intelligence de Vladimir Poutine qui, en réponse aux sanctions prises par Obama, a répondu par l’ironie en invitant les enfants du personnel diplomatique en poste en Russie à passer les fêtes de Noël au Kremlin. Le mardi 4 janvier, Donald Trump s’est montré encore plus offensif en publiant un entretien de Julian Assange, dans lequel ce dernier estime qu’un adolescent aurait pu pénétrer sur la boîte mail de John Podesta ; puis, un peu plus tard, en sous-entendant dans un tweet que le report de la réunion des services aurait pu être motivée par la volonté de monter un dossier à charge à la va-vite ! Donald Trump douterait-il de la loyauté de l’État profond à son égard ? On peut se poser la question. 
 
Pour Barack Obama, l’intérêt est double.

En jetant la suspicion sur l’élection de Donald Trump, il montre qu’il restera l’homme fort du camp démocrate, dépourvu de personnalités charismatiques. Il contribue aussi à questionner le patriotisme du nouveau président élu, en le liant à une grande puissance étrangère longtemps antagoniste. Barack Obama s’ingénie, d’ailleurs, à prendre Donald Trump à contre-pied sur tous les dossiers chauds : Israël, Guantánamo, interdiction du forage en Arctique… En froid avec Netanyahou, Barack Obama n’a pas déposé de veto contre la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies relative à la « colonisation israélienne de territoires palestiniens occupés ». Voudrait-il forcer son successeur à changer de position pour satisfaire ses soutiens en Israël ?
 
Pour ce qui concerne Guantánamo, Donald Trump a été très clair, déclarant : « Il ne devrait pas y avoir d’autres libérations de détenus de Guantánamo. Ce sont des gens extrêmement dangereux et ils ne devraient pas pouvoir revenir sur les champs de bataille. » Une autorité assumée qui tranche avec la mollesse de l’administration démocrate, politiquement correcte jusqu’à l’absurde. Moins commenté mais tout aussi édifiant : le cas du président de la République serbe de Bosnie, Milorad Dodik. Invité à l’investiture du président américain qui aura lieu le 20 janvier, il s’est vu refuser son visa par l’ambassade américaine à Sarajevo ! Les changements de paradigmes risquent d’être majeurs avec la présidence Trump…
 
Si le menu international est copieux, le volet intérieur l’est tout autant. Donald Trump a réussi à tenir une première promesse de campagne en empêchant Ford de délocaliser une usine de 1,6 milliard de dollars aux Mexique, prouvant par là qu’une politique de protectionnisme intelligent n’était pas une utopie mais bien une possibilité offerte par l’exercice du pouvoir souverain. Avec Donald Trump se profilent des États-Unis musclés. Enfin débarrassés des scories du marxisme culturel ? Espérons-le…

 

Gabriel Robin

 

Source : http://www.bvoltaire.fr

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