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PDF JEUNES BRETAGNE

Nantes. Tags anarchistes sur l’église Saint-Clément

5 Décembre 2016, 00:05am

Publié par Nicolas Bretagne

Nantes. Tags anarchistes sur l’église Saint-Clément

03/12/2016 – 06H30 Nantes (Breizh-info.com) – L’église Saint-Clément à Nantes vient d’être une nouvelle fois taguée, cette fois avec un « A » anarchiste surmonté des symboles des deux sexes. Ce signe est censé traduire l’opposition de l’auteur du tag aux genres masculin et féminin dans leur définition traditionnelle.

Une série de tags ont aussi défiguré ces jours-ci les rues avoisinantes, notamment celle du préfet Bonnefoy au nord de l’église, la rue Gambetta (au niveau de l’ancien couvent de la Visitation, devenu ensuite cercle militaire, puis plus récemment résidence de standing pour personnes âgées) et la rue Guibourg de Luzinais, entre l’église Saint-Clément et la caserne centrale des pompiers. Les tags sont d’inspiration gauchiste et potache, et s’en prennent notamment aux nouvelles figures de proue du PS : « plus de macarons, moins de Macron », « kalach dans ta pomme d’Adam », « chatte, bière et insurrection », « sexe drogue et sociologie ».

Un autre tag réclame « justice pour Adama Traoré ». Ce jeune Malien, frère d’un délinquant de Beaumont-sur-Oise (95), est décédé en juillet 2016 d’un malaise cardiaque à la gendarmerie de Persan (95) à la suite d’une interpellation très mouvementée… puisqu’il a pris la fuite à trois reprises. Sa mort tragique a été immédiatement récupérée par l’extrême-gauche. Elle a donné lieu à des manifestations pour réclamer que les gendarmes soient jugés pour homicide volontaire, ainsi qu’à des violences urbaines en Ile-de-France, les prétendues « violences policières » servant d’excuse pour la violence, réelle, des délinquants.

On constate un certain activisme anarchiste ces jours-ci, dirigé notamment contre les monuments chrétiens. Outre l’église Saint-Clément, des tags ont aussi été faits début novembre sur la Croix Rouge située près du pont de la RN171 sur le Canal de Nantes à Brest, à Blain. Au bas du monument, une inscription à la peinture rouge a été tracée : « ni dieu, ni maîtres ». D’autres tags ont été faits dans le bourg de Blain.

Les zones de libre expression pour tagueurs inefficaces : les tagueurs veulent rester dans l’illégalité

Ce 30 novembre au matin les tags faits il y a quelques jours dans le quartier de l’église Saint-Clément étaient effacés par deux agents de Nantes Métropole. Ils sont une vingtaine – dont dix d’une entreprise privée – à effacer ainsi toute l’année les tags. « Cela fait seize ans que je fais ça », confie l’un d’eux. « Les tags vont plutôt en diminuant, car les tagueurs d’il y a dix-quinze ans n’ont pas été remplacés. Surtout, nous les avons chassés du centre-ville en passant tout de suite derrière eux, leurs tags ne sont pas vus, alors ils viennent dans les quartiers voisins, ici près de Saint-Clément par exemple, où leurs tags peuvent rester deux-trois jours sans être effacés ». Avant d’effacer, l’équipe prend des photos, « au cas où les gens veulent déposer plainte ». Ces photos sont aussi transmises à la police et alimentent un fichier, pour le cas où les tagueurs sont arrêtés. Une cinquantaine l’ont ainsi été en 2012, 31 de janvier à septembre 2013. A chaque fois qu’un tagueur est coincé, Nantes Métropole se porte systématiquement partie civile et demande le remboursement des frais de nettoiement.

Les sites de « libre expression » mis en place par Nantes Métropole – une quinzaine en tout – sont à son avis « inefficaces. » Un étudiant en sociologie à la faculté de lettres de Nantes, qui tague à ses heures perdues, complète « Logique. On n’y va pas, on veut être vus ici, au cœur de la ville. Pour nous, le tag, c’est illégal par nature, c’est une façon de s’attaquer à la propriété et au capitalisme, de dire que c’est nous les maîtres de la ville, pas l’argent ou les patrons». Il risque jusqu’à 3750 € d’amende, le tag étant une infraction – atteinte à la propriété privée ou publique – prévue à l’article 322-1 du code pénal.

Plus d’un million d’euros par an pour nettoyer les graffitis et tags

En attendant le Grand Soir, l’effacement des tags a coûté 1,2 millions d’€ à la ville de Nantes, pour 138,000 m² effacés en 2012. L’équivalent d’une rénovation d’école ou de la construction d’une dizaine d’aires de jeux pour enfants. Des patrouilles sont faites systématiquement dans les secteurs où le plus de tags sont commis – centre-ville, île de Nantes, Malakoff, Saint-Donatien, Hauts-Pavés, Saint-Félix, Dervallières – Zola, Bellevue – Chantenay, Breil – Barberie. Dans les autres secteurs, les propriétaires doivent se signaler auprès de la mairie, le nettoyage est fait gratuitement.

La ville de Rennes, elle aussi dirigée par le PS, a choisi une autre voie, puisqu’elle a quasiment abandonné la lutte contre les tags (et la saleté), en supprimant carrément la moitié des nettoyeurs au nom d’économies budgétaires.

Selon l’agent de nettoyage nantais, « il y a deux ou trois nouveaux tagueurs qui donnent bien du fil à retordre. Moins que pendant les manifs du printemps cependant, où ils taguaient, une équipe passait nettoyer, puis ils retaguaient derrière tout de suite ». Pour lui, « le profil type du tagueur, ce n’est pas le jeune de cité. Lui, il va taguer  »va niker », ça sera revendicatif, mais ça n’ira pas plus loin. Des tagueurs, on en voit beaucoup, ce sont surtout des étudiants, des types d’extrême-gauche, des gens qui travaillent la nuit et qui taguent en sortant de leur boulot… on a même vu des couples qui taguent, façon sortie romantique à deux ».

 

Louis Moulin

 

Crédit photos : Breizh-info.com (tous droits réservés)
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