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PDF JEUNES BRETAGNE

Vers un deuxième « quinquennat pour rien » ?

23 Novembre 2016, 15:35pm

Publié par Nicolas Bretagne

Vers un deuxième « quinquennat pour rien » ?

« La France tranquille », titrait Le Figaro lundi matin. C’est, en effet, une révolution en charentaises qui s’est opérée lors de ce premier tour des primaires, qui était peut-être, en réalité, le deuxième de la présidentielle.

Quand les États-Unis ont renversé la table, la France a fait tomber une petite cuillère.

Comment sanctionner le système – Fillon a fait l’effet d’un Trump au petit pied que personne n’attendait – tout en restant confortablement à l’intérieur – Fillon a gouverné pendant cinq ans sans faire l’ombre d’une vague, laissant, comme tous les autres, la France dériver lentement au fil de l’eau.

Il faut reconnaître que Fillon a fait une excellente campagne : sur les valeurs (ralliant à sa cause l’électorat façon LMPT et montrant son intérêt pour les chrétiens d’Orient ; tant pis si, la semaine dernière encore, il affirmait qu’il ne remettrait pas en cause le mariage pour tous ni l’adoption par les homosexuels ; tant pis s’il était le Premier ministre du gouvernement qui, par son ingérence belliqueuse, a mis le feu au poudre au Moyen-Orient), sur l’islam (par son livre Vaincre le totalitarisme islamique… mais en quoi la politique migratoire a-t-elle été infléchie quand il était Premier ministre ? La montée de l’islam n’était-elle pas déjà bien palpable ?), avec – cerise sur le gâteau – un volet économique « rassurant ».

Quand, dans le même temps, Sarkozy tentait de ressortir ses vieux atours, de remettre sur ses joues le fard d’autrefois, de refaire des claquettes et d’agiter son éventail avec la bouche en cul-de-poule, bref, de tenter les manœuvres de séduction soufflées par Buisson qui avaient fait son succès, mais qui, sans son mentor, sonnaient faux et sombraient dans la caricature.

Quand Juppé, trop sûr de son succès, grillait les étapes et jouait sa partition à gauche en vue de la présidentielle, pour vaincre Marine Le Pen.

Marine Le Pen, qui fait elle aussi partie des grands perdants d’hier. Fillon est, pour elle, la pire des configurations, quand elle aurait eu un boulevard face à Juppé.

Fort du petit score de Poisson et du constat que l’électorat « droite conservatrice » est pris par Fillon, Philippot aura beau jeu de lui souffler d’aller draguer à gauche. Un pari hasardeux, surtout si elle continue de céder à Fillon le créneau « islam », qui était pourtant, si j’ose dire, son cœur de métier.

Sans voir que si Poisson a échoué, c’est en raison de la campagne très droitière de Fillon, mais aussi parce que ses soutiens les plus nombreux étaient sans doute… au FN, et ne se sont pas sentis assez concernés par cette primaire pour se déplacer. La divine Sophie Montel – qui fait désormais partie du conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen – a cru bon, sur Twitter, de se moquer méchamment des électeurs de Poisson, crachant par là même sur la partie LR la plus susceptible de rejoindre le FN et sur une bonne partie de ses propres troupes, qui pourraient avoir envie, à la longue, de prendre la poudre d’escampette. Quel fin stratège, on en conviendra !

La bonne nouvelle pour la France est que Juppé a été, de façon très probable, balayé. La mauvaise est que l’on va repartir, sans doute, dans un autre « quinquennat pour rien ». Ou pour si peu.

 

Gabrielle Cluzel

 

Source : http://www.bvoltaire.fr

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