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PDF JEUNES BRETAGNE

Institutions : la fin de la politique

9 Avril 2016, 16:22pm

Publié par Nicolas Bretagne

Institutions : la fin de la politique

"Le Système s’inquiète : ses deux jambes, les médias et les partis politiques, sont très majoritairement rejetés par les Français.

Yann Bompard

Conseiller départemental de Vaucluse

Le Système s’inquiète : ses deux jambes (les médias et les partis politiques) sont très majoritairement rejetés par les Français. La coagulation des marques, des biographies adaptées et des grands intérêts financiers commence à désintéresser très sérieusement les électeurs. Et aucune sauce ne semble prendre pour rétablir la situation.

La dernière révision parlementaire des élections présidentielles incarne parfaitement la confusion régnante. Des élus enfoncés dans leurs commissions débattent des fermetures de bureaux de vote en début de soirée tout en interdisant l’accès médiatique des plus petits candidats, des consortiums partisans s’entre-déchirent afin de préparer la lutte des places, et donc des rémunérations, qui caractérise l’organisation politique actuelle. Le tout termine en une séance publique où s’égrènent les odes à la République.

Ce que l’on ne rapporte que peu, par exemple, c’est que les groupes ont refusé de statuer sur l’encadrement financier des primaires.

Ces primaires qui n’ont d’autre utilité réelle que de permettre l’allongement de l’accaparement du débat par des personnalités dont les Français se désintéressent profondément. La cohorte d’élus manqués se transformant en « pisseurs de copies » de laboratoires de pensées financés à grands renforts de groupe du CAC 40 s’en trouve raffermi. Et pendant ce temps, la France périphérique plonge dans l’oubli. Oubli des médias, oubli des décideurs, oubli des pouvoirs publics.

Ce tripatouillage institutionnel est d’ailleurs un des traits saillants du quinquennat de François Hollande. Rien n’a été laissé au hasard pour que le pouvoir s’éloigne du pays réel et qu’il se désintéresse des patries charnelles de notre pays. La loi NOTRe fut, à ce titre, tout à fait remarquable : régions déshumanisées, communes asphyxiées, départements transformés en tirelires de la gestion sociale. Le peuple n’a plus de représentation institutionnelle directement accessible et sensible. Les mobilisations plus ou moins exaspérées de nombreuses couches sociales (domaines médical, social, culturel, de l’éducation, des forces de l’ordre, de la justice) prouvent de fait que la discussion et les équilibres fins sont interdits dans le cœur des pouvoirs locaux et spécifiques.

Et cela n’ira qu’en empirant. Le risque extrême que constitue l’interdiction du cumul des mandats n’est pas bien perçu. En effet, retirer aux députés l’exercice d’une fonction exécutive locale revient à abandonner la production de la loi et le contrôle du gouvernement à des personnalités affaiblies, par nature obnubilées sur la production législative, et donc d’assurer encore davantage le contrôle de la vie politique par les centrales partisanes.

L’exact inverse de ce que devraient être nos institutions."

Source : bvoltaire.fr

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