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PDF JEUNES BRETAGNE

A 13 mois de la présidentielle ...

30 Mars 2016, 19:43pm

Publié par Nicolas Bretagne

A 13 mois de la présidentielle ...

Un principe démocratique français qui continue de s'essouffler ....

"À 13 mois de la présidentielle, les députés ont approuvé la semaine dernière deux propositions de loi PS visant à moderniser les règles de l'élection. Les règles du système des parrainages et du temps de parole s'en trouveraient modifiées, ce que dénoncent les "petits" partis. Les deux textes, votés en seconde lecture par les seuls socialistes, doivent être définitivement adoptés à l'Assemblée le 5 avril, après une dernière navette avec le Sénat.

Première mesure qui fâche : la réforme du temps de parole. Le "principe d'équité" doit se substituer à l'actuelle "règle d'égalité" des temps de parole des candidats pendant la période "intermédiaire" (trois semaines en 2012), allant de la publication de la liste des candidats au démarrage de la campagne officielle. Pendant les deux semaines avant le premier tour, l'égalité continuerait à s'appliquer. L'équité, ça veut dire quoi ? "La représentativité de chaque candidat" devra être prise en compte, comme l'explique Le Parisien ce mardi 29 mars. "Les résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou les formations politiques qui les soutiennent mais aussi 'les indications d'enquêtes d'opinion' seront aussi des critères, précise encore le quotidien. Sans oublier l'obscure 'contribution à l'animation du débat électoral'... En clair, plus il y a de meetings (par exemple), plus le candidat a de chances de passer dans les médias". Pas sûr que les médias s'y retrouvent...

- Une réforme imaginée par Jean-Jacques Urvoas -

L'auteur du texte Jean-Jacques Urvoas, devenu depuis ministre de la Justice, avait expliqué, au moment de sa présentation, que le nombre important de candidats rend difficile l'application d'une stricte égalité et dissuade certaines chaînes d'organiser des débats. Selon lui, le volume consacré à la campagne par TF1, France 2, France 3, Canal+ et M6 a "diminué de 50% en 2012 par rapport à 2007". Il reviendra au CSA de veiller au "traitement équitable".

L'UDI, les Radicaux de gauche, le Front de gauche et la majorité des écologistes sont contre cette idée, vu comme une "tentative de verrouillage" des grands partis. Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde dénonce des critères "totalement subjectifs". "Ce serait à l'élection présidentielle de s'adapter aux impératifs des médias, et non plus l'inverse", s'insurge de son côté s'est insurgé le Radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg.

En première lecture, le Sénat (à droite) a réduit de trois semaines à une dizaine de jours la "période intermédiaire", tout en maintenant le principe d'"égalité", mais les députés ont rétabli leur version initiale.

- Le système des parrainages revu -

Seconde mesure qui fait débat : les nouvelles règles concernant les parrainages. Le texte prévoit que, dans un souci de transparence, la liste intégrale des élus ayant parrainé un candidat soit publiée (au lieu d'un extrait de 500 noms tirés au sort). Et les parrainages seront rendus publics deux fois par semaine par le Conseil constitutionnel, pour éviter tout faux suspense des candidats sur leur quête des 500 signatures. Les élus devront désormais transmettre leur parrainage au Conseil constitutionnel, alors qu'auparavant ils pouvaient le remettre au candidat.

Une réforme vivement critiquée par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), candidat déclaré à la présidentielle, et Marion Maréchal-Le Pen, députée FN. Ils y voient "un chantage sur les élus locaux".

De leur côté, les Républicains préfèrent le "statu quo" sur ces "deux textes embarrassants", pour "éviter les procès en sorcellerie", selon leur orateur Philippe Gosselin.

- Les bureaux de vote ouverts jusqu'à 19 heures -

Par ailleurs, pour éviter les divulgations des estimations de résultats avant l'heure, les députés ont repoussé la fermeture des bureaux de vote de 18 à 19 heures (avec une possibilité d'ouvrir jusqu'à 20 heures pour les villes qui le souhaitent, comme c'est déjà le cas). Le Sénat voulait une fermeture uniforme à 19 heures, et le gouvernement, représenté par la secrétaire d'État à la Formation professionnelle Clotilde Valter, a défendu le statu quo, en vain.

Les députés ont aussi rétabli à un an la période de comptabilisation des dépenses électorales pour la présidentielle, ce qui devrait permettre de contrôler les dépenses engagées pendant les primaires. Enfin, sur demande du gouvernement, l'Assemblée a supprimé un amendement sénatorial imposant notamment aux instituts de sondages de mentionner "la proportion des personnes n'ayant pas répondu" à une enquête et les "critères de redressement des résultats bruts".

Crédit photo : actu.orange.fr

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